04/11/09











La Nuit du Mort Vivant






Sous l’Ère des Poissons, d’après la tradition, vers le milieu ou la fin du Xème siècle, près d’un siècle avant les premières croisades, Arcano et Egidio, deux moines italiens, effectuent un pèlerinage en Terre Sainte. De nuit, de jour, à l’aube, à pieds, à dos de mulet et en bateau, ils reviennent en Italie, siège de la Chrétienté, avec dans leurs bagages des reliques du Saint Sépulcre. 

Établis en terres pontificales, aux confins de la Toscane, de l’Ombrie et des Marches, les deux pélerins érigent une petite chapelle, un Oratoire dédié au Saint Sépulcre du Christ. Le lieu est destiné à la prière, silencieuse, murmurée ou marmonnée, à l’art oratoire, la communication spirituelle avec Dieu. Tel un écrin de marbre, l’oratoire renfermerait dit-on les précieuses reliques, mémoire religieuse, talismanique et archéologique de la foi des croyants.

Cependant, aux origines lointaines les sources divergent. Nulle mention de voyage, de tombeau, ni sépulture, ni relique. Telle est la version de SantiBeati.com, le site internet italien des personnes saintes et béatifiées. La version web de la prestigieuse Enciclopedia Bibliotheca Sanctorum ne mentionne ni pèlerinage, ni Saint Sépulcre, mais révèle que les deux moines Arcano et Egidio ont été unis dans la béatification. Non pas Beato Arcano et Beato Egidio, deux entités distinctes, mais Beati Arcano et Egidio. Béatifiés certes mais non canonisés. Objets d’une vénération locale, leur culte n’a jamais été officiellement reconnu par l’Eglise. 

L’Oratoire de Beati Arcano et Egidio s’agrandit et se transforme en Abbaye. D’après certaines sources, le village qui prend forme autour est baptisé Novella Gerusalemme, Nouvelle Jérusalem, Tabernacle de Dieu.

C’est au XIIème siècle que le lieu-dit, le bourg qui deviendra plus tard une ville prend son nom définitif  pour s’appeler Borgo San Sepolcro, le Bourg du Saint Sépulcre. Le nom du pays trouve bien entendu son origine dans la légende des reliques du Saint Sépulcre. Nom de pays : le nom. Les reliques du Saint Sépulcre sont-elles des morceaux de pierre, de peau, de tissu, d’os ou de sépulture ; la légende ne le précise pas.

Nicodème, qui auparavant était allé de nuit vers Jésus, vint aussi, apportant un mélange d’environ cent livres de myrrhe et d’aloès.

Ils prirent donc le corps de Jésus, et l’enveloppèrent de bandes, avec
les aromates, comme c’est la coutume d’ensevelir chez les Juifs.


Jean (19:39-40)



Les reliques de la Passion sont à l’époque nombreuses. Elles foisonnent et irriguent jusqu’au ravissement l’imaginaire chrétien pendant des siècles : Saint ombilic, Saint Berceau, Saint Prépuce, Saintes Dents, Saintes Larmes, Saint Calice, morceaux de Sainte-Croix, Saints Cloux, Sainte Eponge, Sainte Lance, Saint Sang et l’une des plus controversée le Saint Suaire, négatif du négatif du visage du Christ, pellicule de chez Fiat Lux.

Pendant cinq cent ans, les reliques du Saint Sépulcre reposent à l’abri des guerres, des tourments et de la lumière. Puis soudain en 1416, à Borgo San Sepolcro, naît l’un des plus grands artistes de la Renaissance italienne : Piero della Francesca. L’une des œuvres majeures du peintre est La Légende de la Vraie Croix (1452-1466). Située dans le chœur de la Basilique Saint-François d’Arezzo, la fresque monumentale narre sur 12 panneaux les origines sacrées et guerrières de la Croix sur laquelle le Christ fut crucifié.





 Épisode VIII : Découverte par Sainte Hélène, la mère de Constantin et preuve formelle de la Vraie Croix.




Épisode IX : La Bataille entre Héraclius et Khosro II. 
Défaite et décapitation des vaincus



Mais quelle est cette forêt secrète qui vit croitre en son sein le bois de la croix ? Ces racines qui se déploient sous la terre, ces branches qui s’élèvent vers le Ciel sont-elle sacrées ou profanes ? De quel bois la croix est-elle faite ? Il est dit dans La Légende Dorée de Jacques de Voragine que la croix du rédempteur fut taillée dans le bois de l’arbre ayant poussé sur la tombe d’Adam. Cet arbre macabre est issu d’une graine de l’Arbre de la Vie, source d’immortalité, semée dans la bouche de la dépouille d’Adam. La sainteté de la croix remonte aux origines, au premier homme, espèce oxymore, figure rhétorique tiraillée entre l’évolutionnisme et le créationnisme. On peut donc en déduire que le bois de la Croix du Christ est déjà en lui-même une relique venue d’un autre âge.




Épisode I : Adam mourant et l'Arbre de la Vie.



Vers la même époque, le peintre réalise dans sa ville natale, le scène nocturne du Saint Sépulcre : la fresque de La Résurrection. La répétition du sacré est troublante : l’action se situe au Saint Sépulcre et l’œuvre se trouve in situ dans son lieu de création : Borgo San Sepolcro, cité des reliques du Saint Sépulcre.

Joseph prit le corps, l’enveloppa d’un linceul blanc,

et le déposa dans un sépulcre neuf, qu’il s’était fait tailler dans le roc.
Puis il roula une grande pierre à l’entrée du sépulcre, et il s’en alla.


Matthieu (27:59-60)



S’il y a la grande Histoire avec un grand H, l’histoire des hommes, il y a aussi la Résurrection avec un grand R, non pas la résurrection des hommes aux Royaumes d’outre-tombe mais la Résurrection du Christ dans une vie nouvelle.

Ils couraient tous deux ensemble. Mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre, et arriva le premier au sépulcre ;

s’étant baissé, il vit les bandes qui étaient à terre, cependant il n’entra pas.

Simon Pierre, qui le suivait, arriva et entra dans le sépulcre ; il vit les bandes qui étaient à terre, et le linge qu’on avait mis sur la tête de Jésus, non pas avec les bandes, mais plié dans un lieu à part.

Alors l’autre disciple, qui était arrivé le premier au sépulcre, entra aussi ; et il vit, et il crut.


Jean (20:4-8)



Le mystère Pascal commémorant la Résurrection du Christ est la solennité première de l’Eglise. Elle précède en importance la Fête de la Nativité, la Résurrection ou renaissance du Christ précédant sa naissance.

S’il n’y a point de résurrection des morts, Christ non plus n’est pas ressuscité.

Et si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine.


1 Corinthiens (15:13-14)



En l’an 325, Constantin 1er, le premier empereur romain à se convertir au christianisme convoque le Concile de Nicée. On y décide de calculer la date de Pâques, du mystère Pascal. L’ordinateur ecclésiastique calcule. Les resultats de la spéculation sont formels. Le mystère Pascal se déroulera après la première pleine lune advenant pendant ou après l’équinoxe de printemps. C’est un retour à la vie, de la sève qui remonte dans le tronc des arbres au renouveau de la photosynthèse. 


Selon l’Eglise, le mystère de la Résurrection révèle la dimension irréductible de l’acte de foi. La Résurrection est un culte à mystère, un culte voué au mystère. Voyage d’outre tombe, il rappelle les mystères orphique ou d’Eleusis, liés à l’expérience transformatrice de l’au-delà : regénération, réincarnation, transmigration des âmes autres métempsycoses… 


Longtemps, j’ai ressuscité de bonne heure.

(…) Puis elle commençait à me devenir inintelligible, comme après la métempsycose les pensées 
d’une existence antérieure ; (…)


Swann (1:1)



Sous Constantin 1er, les rites à mystère païens peu à peu disparaissent. La biodiversité religieuse s’amenuise. Les cultes polythéistes ne sont plus ; les voyages dans l’au-delà ont cessé. Finis les allers-retours en des contrées profondemment cachée sous la terre ou dans la roche dont l’accès est taillé dans le roc (qu’il s’était fait tailler dans le roc).  Mais la nuit venue, on dit que les fantômes et les esprits s’en échappent. On dit aussi en anglais Holy Ghost. L’amour du Père et du Fils, l’Esprit de Dieu, le Saint-Esprit, s’appelle le Fantôme Saint, The Holy Ghost.

Chez Piero della Francesca, les paupières sont lourdes et le port altier. S’y dégage une atmosphère de grâce somnambule entre le sommeil et la veille. Le Vème épisode de La Légende de la Vraie Croix de Piero della Francesca représente Le Songe de Constantin le Grand. Le rêve est un moment de grande révélation religieuse car c’est dans le sommeil que l’ange apparaît à l’Empereur. La créature d’ailes et de lumière lui annonce l’issue victorieuse de la bataille du Pont Milvius. 


Cette victoire militaire symbolise la naissance d’un nouvel empire romain, empire chrétien, celui de Constantin, Constantinople et byzantin. L’empereur alors encore païen effectue sa conversion en rêve. L’initiation devient conversion et le regard du spectateur plonge dans l’obscurité de la tente, dans la béance ouverte par ce rêve…






Épisode V : Le songe de Constantin le Grand qui voit un ange lui montrant la croix 
et lui révélant sa victoire comme signe de sa conversion



Quelle est la nature de ce rêve ? Qu’y a t-il dans ce noir, dans ce que nous ne pouvons voir ? Dans Le Songe de Constantin, des soldats debout veillent entre l’ombre et la lumière. Dans La Résurrection, des soldats couchés sont assoupis au bord du Saint Sépulcre. Et nous ne voyons pas plus le rêve de Constantin que les soldats endormis ne sont le témoin de La Résurrection, retour d’un Christ armé d’une bannière triomphant.




La Résurrection (Borgo San Sepolcro)



Les paupières si lourdes se sont jointes et nul n’est témoin de la scène. Entre le solstice d’hiver et l’équinoxe du printemps, les arbres nus et les branches feuillues, le Christ sort du tombeau. D’où vient-il ? Mystère. De la Terre-Mère ? Royaume nocturne des ombres errantes ? Le Christ aux Enfers ? Nous n’en saurons rien. La résurrection nous suffit. Ce fut comme une apparition, ce qui surgit de nulle part comme une image votive lenticulaire où le Christ tel un spectre apparaît et disparaît dans l’embrasure d’une porte.





Image lenticulaire votive 
(boutique de la Basilique Saint-François d’Arezzo)



A Borgo San Sepolcro, de manière spectaculaire, la sépulture de pierre s’inscrit dans la continuité de l’avant plan de la fresque constitué d’un ensemble architectural peint. Le Christ s’apprête à sortir de la fresque, à franchir le seuil de l’image, à couper le champ de la représentation, ce qui  sépare le point de fuite des soldats endormis de l’arrière plan du paysage. Piero della Francesca montre ce que personne n’a vu, l’irreprésentable de la foi, ce que l’on ne peut voir mais seulement croire. L’image reconquiert sa fonction magique : le regard du Christ traverse la surface peinte, le Christ nous regarde. Le Christ est l’œil du spectateur et Piero della Francesca notre Sauveur.

Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici, l’étoile qu’ils avaient vue en Orient marchait devant eux jusqu’à ce qu’étant arrivée au-dessus du lieu où était le petit enfant, elle s’arrêta.

Quand ils aperçurent l’étoile, ils furent saisis d’une très grande joie.


Matthieu (2:9-10)



En 1985, les agences spatiales soviétiques et japonaises lancent dans l’espace lointain la sonde Giotto. Inspiré en 1301 par le passage de la comète de Halley, Giotto aurait dépeint dans son Adoration des Mages, l’étoile de Béthléem sous les apparences d’une comète, boule de lumière à chevelure de feu. Mais l’univers connu est bien peu de chose face à la puissance papale. Un an plus tôt déjà, dans sa grande clairvoyance, le Vatican voit le vent solaire tourner. En 1984, Jean-Paul II béatifie le peintre Fra Angelico, Beato Angelico (1400-1455) et le proclame Saint patron des artistes.

Un jour viendra où le Vatican procédera à un nouveau rituel : la canonisation de Piero della Francesca, né en 1416 à Borgo San Sepolcro, mort le 12 octobre 1492 à Borgo San Sepolcro, le Saint Sépulcre, véritable siège du mystère de la Chrétienté. Curieusement, le 12 octobre 1492, le jour où l’âme de Piero rejoint le Walhalla, aux Bahamas Christophe Colomb, lui, foule le sable de l’île de Guanahani.






20/10/09


M. & M.

- 2 commentaires -




François Mitterrand en 1956 et Leon Mandrake en1942.


COMMENTAIRE 1 :
Anonyme a dit…
Cher Peeping Tom,
Leon Mandrake et François Mitterand ont-ils un lien de parenté ? Ou pour le dire plus clairement, François Mitterand et Leon Mandrake sont-ils la même et unique personne ?
A votre clairvoyance,
Phil Davis Jr
19 OCTOBRE 2009 00:50


COMMENTAIRE 2 :
Alessandro Mercuri a dit…
Il est vrai que François Mitterrand et Leon Mandrake sont contemporains. 
Le père de la Nation, l’oncle des gaulois, le tonton des français est né en 1916 et mort en 1996. Le magicien, lui, est né en 1911 et mort en 1993.

La question de la ressemblance porte ensuite sur la nature même du personnage mitterrandien, insaisissable, insondable, inavouable ?

S’agit-il d’un Mitterrand un chouia collabo, un méga résistant, un pro-Algérie française, un astronome de l’observatoire, un "ébrécheur" de guillotine, un Mitterrand crépusculaire, un Mabuse des écoutes téléphoniques, un Roi Lear socialiste, un Big Mac Beth de gauche ?

Les métamorphoses sont nombreuses et le socialisme miterrandien tel un lapin rouge sortant d’un chapeau magique rappelle par maints aspects l’art de Mandrake, Leon Mandrake, le magicien ou comment hypnotiser son public de telle manière qu’il en vienne à suspendre son jugement et à croire en l’impossible.

Il est cependant vrai que le Mitterrand, ministre de la justice en 1956 n’est pas sans rappeler le Mandrake de 1942.
La faute au chapeau ? 
A vous de voir et de cliquer ou copier-coller le lien :
http://www.alessandromercuri.com/Mitterrand_Mandrake.jpg
19 OCTOBRE 2009 11:49


18/10/09





Mandrake is Mandrake


Devant les portes de la grotte fleurissent de féconds pavots et d’innombrables plantes du suc desquelles la Nuit retire la torpeur qu’elle répand…
Ovide – Les Métamorphoses (l’an 1)



« I’m not a magician, I am a mentalist. »
John Malkovich in The Great Buck Howard (2008), 
film de Sean McGinly




Né sous le crayon, la plume, l’encre et l’eau forte, un torrent de magie apparut en 1934 sous le nom de Mandrake le magicien. Le personnage porte un costume classique de magicien de music hall avec cape, baguette, moustache et chapeau haut de forme. Émanation de l’âme de Lee Falk, Mandrake le magicien est publié dans la presse quotidienne sous la forme de comic strips par le King Feature Syndicate, syndicat de distribution, propriété exclusive du mogul, magnat des médias William Randolph Hearst.



Mandrake - épisode "Le Cobra" - 1936 


Du haut de son château, allongé au bord de la piscine de Neptune, Hearst découvre halluciné les aventures de Mandrake. Le magicien a pour origine une plante. Mandrake est Mandrake, en anglais, nom générique donné à la mandragore. Solanacée riche en alcaloïde, la mandragore a des propriétés hautement hallucinogènes. Une légende raconte que la mandragore ne pousse qu’à l’endroit où le semence d’un pendu s’est répandue au sol.







Quoi qu’il en soit Mandrake, lui, est né en 1934. Il combat le mal grâce à ses pouvoirs hypnotiques, psychédéliques et extrasensoriels. Mais deux ans plus tard, Hearst se lance dans une guerre féroce contre la marijuana rendant la drogue illégale dès 1937 via la Marihuana Tax Act. En réalité, la campagne de Hearst contre la toxicomanie n’est pas motivée par un enjeu de santé publique et morale. Elle ne vise qu’indirectement à interdire la consommation de drogue. Son véritable objet est de réduire à néant la culture de chanvre, menace économique de poids dans l’industrie de fabrication de la pâte à papier. En effet, l’empire médiatique de Hearst se double d’un empire forestier et industriel papetier. On remarquera que la Bible, elle-même, provient du Grec Byblos, ville phénicienne, principal lieu d’importation grec de papyrus ; aujourd’hui Jbeil au Liban.





Mandrake - épisode "Le Cobra" - 1936 


Alors que Mandrake sillonne le monde, les contrées les plus exotiques, les jungles les plus lointaines, en compagnie de son fidèle ami Lothar, Prince des 7 Nations, confédération de tribus africaines, un certain Leon Mandrake, lui, se produit sur les plus grandes scènes américaines de music hall et ce depuis 1922 soit plus de dix ans avant la naissance du personnage de Mandrake.





Prestidigitateur, illusionniste, mentaliste, manipulateur, ventriloque et parfois cracheur de feu Leon Mandrake, le vrai Mandrake ressemble à s’y méprendre au Mandrake de fiction. A moins qu’il ne faille dire le contraire ? Coïncidence, chaos, fortune, hasard ou nécessité, il existe bel et bien deux Mandrake(s), vivants dans deux dimensions : le réel et l’imaginaire, la magie, la vraie, et la prestidigitation, le spectacle.






En 1937, alors que le Sénat américain vote le projet de loi du Bureau Fédéral des Narcotiques, la Marihuana Tax Act, Mandrake le magicien de fiction, lui, se marie en 1937 avec la Princesse Narda. Narda est également le nom de la première femme de Leon Mandrake, le vrai magicien.



Mandrake & Narda - épisode "Le Cobra" - 1936 





La cérémonie a lieu à Xanadu, demeure high tech où aime se ressourcer Mandrake. Xanadu est également le nom de la demeure de Charles Foster Kane, le Citizen Kane d’Orson Welles (1941). Le modèle bien connu de Kane est Hearst. Et c’est du haut de son château, allongé au bord de la piscine de Neptune que William Randolph Hearst découvre halluciné les aventures de Mandrake le magicien.





Aujourd’hui, Mandrake est reconnu comme le tout premier super-héro de l’histoire de la bande dessinée. Sortant d’une lanterne magique, tel un Djinn aux facultés extrasensorielles, Mandrake réapparaît une nouvelle fois de nulle part en 1987, sous les traits de Marcello Mastroianni dans Intervista de Federico Fellini.





Mandrake interprété par Marcello Mastroianni 
dans Intervista de Federico Fellini.












17/10/09



Vice et vertu du Dao








De l’appréciation de la situation


Sunzi dit :
On ne peut pas ne pas étudier sérieusement la guerre, parce que c’est une grande affaire d’État dont dépendent la survie de l’armée et l’existence de l’État.
En conséquence, il est nécessaire d’étudier l’évolution éventuelle de la guerre en procédant à des analyses sous cinq aspects et à une comparaison des conditions des parties belligérantes.
Le premier aspect, c’est le dao ; le deuxième, c’est le temps ; le troisième, c’est le terrain ; le quatrième, c’est le commandement ; et le cinquième, c’est la loi. Par le dao, nous entendons que le peuple partage la volonté du souverain et qu’il peut vivre et mourir pour lui, sans craindre aucun risque. (…)

Sunzi – L’art de la guerre (Vème siècle av. J.-C.)



David Petraeus, Général de l’armée américaine et 
chef du United States Central Command. 
Classé en 2007 au 33ème rang des personnes 
les plus influentes dans le monde (Time 100
et en 2008 au 65ème rang au Top 100 Public Intellectuals Poll 
(Prospect Magazine et Foreign Policy).




l’un des 31 102 soldats blessés en Irak (au 6 avril 2009)
- photographie de Timothy Greenfield-Sanders -


Le Ministère de la Peur
- culture et communication -














images : 
Docteur Mabuse le joueur de Fritz Lang (1922)
portrait d’André Malraux


10/10/09






LE CERCLE ROUGE



L'inspecteur général des services :
Et n'oubliez jamais : tous coupables.

Commissaire Mattei :
Même les policiers ?

L'inspecteur général des services :
Tous les hommes.

Commissaire Mattei :
Vraiment tous ?

L'inspecteur général des services :
Il y a pas d'innocents. Les hommes sont coupables.
Ils viennent au monde innocents, mais ça ne dure pas.

- Le Cercle rouge, Jean-Pierre Melville, 1970 -






V.P. :
Nikolaï, tu sais, depuis la mort du Mahatma Gandhi,
je n'ai plus personne à qui parler.


N.S. :
Tu l’as dit Vladi, si la vérité blesse,
c'est la faute de la vérité.








05/10/09





























La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.
Charles Baudelaire - Correspondances, Les Fleurs du Mal (1857)


On dit que la forêt est ce lieu obscur et secret qui abrite âmes errantes et envoûtées, sorcières à l’effroyable maigreur, vers luisants, nymphes lumineuses, phasmes verts géants, Diane nue lascive dans le clapotis d’une source, jacuzzi de feuilles mortes et de feux follets, pompiers pyromanes et autres muses nymphomanes. Maybe. Wanna know more ? Wanna read, wanna watch, wanna hear Tale(s) ? Tales of Life(s), Style(s), Vision(s) and Harmony(s) ? It’s your mission, it’s online, start’s thinking now : go to tales-magazine.com

(English version coming super soon)