18/05/2014

Cafédomancie
- une histoire suisse à dormir debout -


Au cours de la nuit, en rêve, Jean-Baptiste de la Tournette, un épidémiologiste suisse-vaudois de renommée internationale, interviewé à la radio, mettait en garde les visiteurs de "La flamme éternelle", l'exposition-installation de Thomas Hirschorn au Palais de Tokyo.

Selon les dires du scientifique, l'amoncellement de pneus usagés, sous forme de colonnes, de couloirs, de murs et de parois, constitutifs de l'œuvre ne serait pas sans risque pour la santé. Outre la dangerosité  des effluves émanant des pneumatiques, l'épidémiologiste s'inquiétait d'une possible épidémie de chikungunya.

Le docteur rappelait les informations mises en ligne par le Ministère de la Santé : "Le moustique Aedes albopictus notamment est en expansion mondiale, expansion favorisée par ses capacités d’adaptation, par le développement des échanges internationaux et, en particulier, par le commerce de pneus usagés, qui est le mode de dissémination principal de cette espèce à travers le monde.  Ses caractéristiques biologiques lui permettent en particulier de s’adapter aux climats tropicaux et tempérés."


Le docteur de la Tournette appelait instamment les autorités sanitaires à fermer l'exposition afin de prévenir la fameuse épidémie de chikungunya qui dit-il "rendrait la gente parisienne encore plus imbuvable qu'elle n'est" (sic). Nicolas Bourricot, critique d'art, spécialiste de l'art infusionnel cria à la censure et rétorqua que bien que l'art en général ne soit pas sans danger, de la Tournette n'avait cependant rien compris au sens de "La flamme éternelle". D'un point de vue conceptuel, esthétique et naturellement politique,  les moustiques étaient hors-sujet et absents de la démarche et du propos hirschorniens.


Le lendemain matin, au réveil de cet absurde débat sanitaro-esthétique, alors que je buvais mon café, je remarquai qu'un filet de mousse s'était déposé sur la paroi intérieure de la tasse. La mousse formait un ensemble de six lettres majuscules nettement visibles : VONNOI. En faisant une recherche sur google, le mot VONNOI ne me dirigea que vers le site "morewords.com" où j'obtins le message suivant :



Inutile de lire dans le marc de café — me disais-je, le café sait écrire, quoi que dans une langue inconnue. En me servant une nouvelle tasse de café, je remarquai que le message demeurait intact et que le liquide brûlant nouvellement versé n'arrivait pas à effacer l'obscur VONNOI. Quel rapport mystérieux ce mot dénué de sens pouvait-il bien avoir avec mon rêve ? Certes, j'avais utilisé une cafetière à piston. Le piston pourrait évoquer l'automobile et l'auto le pneu. Quand au mode de fonctionnement de cette cafetière, le nectar s'obtenait par infusion. L'infusion ne serait pas sans rappeler les théories du critique d'art Nicolas Bourricot, auteur de L'art infusionnel. Quant au moustique, l'insecte lui, demeurait absolument étranger au propos, une énigme aussi insondable que l'indiscernable VONNOI. VONNOI pourrait néanmoins rappeler le pays d'origine de l'épidémiologiste Jean-Baptiste de la Tournette : le pays VAUDOIS. Simple coïncidence, dénuée de sens — me dis-je. Mais curieusement, d'après le site "morewords.com", le consécutif à l'inexistant VONNOI ne serait autre que le terme VOODOO. Ceci expliquant cela.


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