19/04/2017


À l’abattoir en chantant



Par une fraiche nuit du mois d’avril, alors que je flânais dans les rues, quelle ne fut pas ma surprise d’entendre un clochard avachi ivre au bord de la fontaine de la Roquette, chanter :


🎶  Les Français sont des veaux qu’on mène à l’abattoir. Meuglant de joie, ils y vont avec entrain, le pied léger, le cœur joyeux, la fleur au museau. Les Français sont des veaux qu’on mène à l’abattoir. C’est une maison de qualité, on y abat en toute sérénité. À à à l’aba-a-attoir de chez Marine et Mélenchon, chon, chon…  🎶

Outré d’entendre de telles paroles, je passai mon chemin. La voix enrouée de l’ivrogne se mêlant au clapotis de la fontaine s’éteignit dans la nuit. Décidément, de nos jours les alcooliques n’ont plus aucune pudeur. Comment oser mettre sur un même pied destal (sic) et d’égalité Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ? Comment les vapeurs d’alcool pouvaient-elles embrumer cet homme au point qu’il en confonde fascisme brun et fascisme rouge ? “Fascisme rouge ? Mensonge éhonté” — s’insurgent certains. “Si demain on rase gratis alors à la Libération les tondu(e)s abonderont” — clament d’autres voix. Entre hologramme et éructation, la fièvre du grand soir ne cessait de monter, de monter puis de s’envoler vers un avenir radieux. Certains excités et autres agités du bocal frexitaient comme des poissons frétillent dans l’eau. De mon côté, je n’avais qu’un seul espoir au lendemain de ce premier tour de l’élection présidentielle, cuvée 2017. Celui de ne pas me réveiller avec la gueule de bois.



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